
La mozzarella, la base
La Margherita (base tomate, mozzarella, olives) est l’étalon : une mozzarella qui fond, dore et lie la tomate. Tout sur notre pizza margherita au feu de bois.
Sur une carte, « mozzarella », « di bufala » et « burrata » se ressemblent : trois fromages blancs, frais, italiens. Pourtant, à 450 °C et en 90 secondes, ils ne se comportent pas du tout pareil. Voici comment les distinguer, et choisir sa pizza en conséquence.
La fior di latte est une mozzarella au lait de vache, à pâte filée : entre mozzarella et fior di latte, la différence tient au nom, pas au fromage. La mozzarella di bufala, faite au lait de bufflonne, est plus lactée, plus acidulée et beaucoup plus riche en eau. La burrata est une enveloppe de mozzarella fourrée d’un cœur de crème et de stracciatella. Dans un four à bois à 450 °C, où la pizza cuit en 90 secondes, plus le fromage est gorgé d’eau, plus il risque de mouiller le centre : la mozzarella sert de base, la bufala de vedette, et la burrata se savoure surtout crue sur une pizza chaude.
« Fior di latte » signifie littéralement « fleur de lait ». En Italie, c’est le nom donné à la mozzarella fabriquée avec du lait de vache. Le principe de fabrication est celui de toutes les mozzarellas : le caillé est plongé dans l’eau chaude, puis étiré et replié à la main ou à la machine jusqu’à devenir lisse et élastique. C’est ce qu’on appelle une pâte filée. On le façonne ensuite en boules, en tresses ou en petites billes, qu’on conserve dans leur saumure.
La fior di latte n’est donc pas un fromage « à part » : c’est une mozzarella, avec une étiquette qui précise le lait. Les Italiens réservent volontiers le mot « mozzarella » tout court à la version au lait de bufflonne, historiquement la première, et parlent de fior di latte pour celle au lait de vache. En France, l’usage s’est simplifié : on dit « mozzarella » pour tout, et on précise « di bufala » quand c’est de la bufflonne.
Le même mot désigne pourtant des fromages qui n’ont pas grand-chose en commun une fois au four. D’un côté, la boule fraîche qui baigne dans son petit-lait : tendre, presque juteuse, très humide. De l’autre, la mozzarella dite « pour pizza », plus sèche, plus ferme, souvent vendue en pain ou râpée. On l’a égouttée et affinée plus longtemps pour qu’elle contienne moins d’eau : elle fond plus régulièrement et file davantage, mais elle a moins ce goût de lait frais.
Entre ces deux extrêmes, toutes les nuances existent. C’est pour cela qu’une « pizza à la mozzarella » peut donner une nappe dorée et filante dans une pizzeria, et des flaques blanches et laiteuses dans une autre : ce n’est pas le nom du fromage qui décide, c’est sa teneur en eau. Sur la carte de Vecchio Forno, le mot employé est simplement « mozzarella » : c’est la base de presque toutes les pizzas.

Même geste, même pâte filée, mais un autre lait : celui de la bufflonne. Plus gras et plus riche que le lait de vache, il donne une mozzarella au goût nettement plus lacté, avec une pointe acidulée qui reste en bouche. La texture est plus tendre, presque crémeuse à cœur, et la boule contient beaucoup plus d’eau : à la découpe, elle pleure son petit-lait sur la planche.
La carte de la maison la nomme « mozzarella di bufala campana ». Ce nom renvoie à une appellation protégée, liée à la Campanie, la région de Naples, qui encadre l’origine du lait et la fabrication. C’est ce fromage qu’on croise sur Le Tradi (base tomate, mozzarella di bufala campana, jambon de veau, roquette, crème de basilic), sur la Signora (base tomate, mozzarella, spianata, tomates séchées, mozzarella di bufala campana, roquette) et sur la Bianca pistacchio (base tomate, mozzarella, pastrami, mozzarella di bufala campana, éclats de pistache, roquette, filet d'huile d'olive).
Sur ces trois pizzas, la bufala n’est jamais seule : une mozzarella de base ou une garniture plus sèche l’accompagne, et la roquette apporte du croquant. C’est la façon la plus simple de profiter de son goût sans subir toute son eau. Quant à l’histoire de la Margherita et de ses couleurs, elle mérite un récit à part : on l’a racontée dans l’origine de la pizza Margherita.
« Plus de lait, plus de goût,
plus d’eau : la bufala se mérite. »
Ouvrez une burrata et vous comprendrez tout de suite qu’elle ne joue pas dans la même catégorie. Dehors, une fine enveloppe de pâte filée, la même que celle d’une mozzarella. Dedans, un cœur crémeux : de la stracciatella, c’est-à-dire des lambeaux de mozzarella effilochée, noyés dans de la crème. Le tout est refermé comme une bourse, et c’est ce cœur coulant qui fait sa réputation.
Problème : ce cœur ne supporte pas la chaleur. Passée 90 secondes sous une voûte à 450 °C, la crème se liquéfie, la stracciatella fond et le tout s’étale en une nappe blanche qui ressemble à n’importe quelle mozzarella fondue. On a perdu le contraste qu’on était venu chercher. C’est pour cela que, dans beaucoup de pizzerias, la burrata est posée en fin de cuisson ou à la sortie du four, entière ou ouverte, sur une pizza brûlante.
Sur la carte de Vecchio Forno, la pizza Burrata se compose ainsi : base tomate, mozzarella, bresaola, burrata, crème de balsamique. On y trouve donc les deux à la fois : une mozzarella qui fond et lie la garniture, et une burrata qui apporte la fraîcheur crémeuse. On retrouve d’ailleurs la stracciatella, le cœur de la burrata, sur la panizza Original (base pesto, roquette, jambon de veau, stracciatella, tomates séchées, oignons caramélisés, crème de balsamique).
Crèmele cœur de la burrataUn fromage frais, c’est d’abord de l’eau. Dans un four ménager, la pizza reste longtemps à chaleur modérée : l’eau a le temps de s’évaporer. Dans un four à bois à 450 °C, tout se joue en 90 secondes. Le fromage chauffe d’un coup, sa structure se relâche et il libère son eau… qui n’a pas le temps de partir. Elle file vers le point le plus bas, c’est-à-dire le centre, là où la pâte est la plus fine. Un fromage très humide posé en grande quantité peut alors détremper le cœur de la pizza.
La mozzarella plus sèche fond en nappe régulière, file quand on tire une part et se marque de petites taches dorées là où la chaleur de la voûte la frappe le plus. La fior di latte fraîche fond plus vite, garde des îlots bien blancs et rend un peu de petit-lait. La bufala fond en nappes laiteuses, peu colorées, très parfumées. La burrata, elle, ne dore presque pas : elle coule.
Paradoxalement, c’est la chaleur extrême qui respecte le mieux ces fromages. Une cuisson longue les dessèche, les rend caoutchouteux et fait remonter le gras. En 90 secondes, ils fondent sans avoir le temps de se séparer : ils restent souples, lactés, vivants. Pour la mécanique du four lui-même, on vous renvoie à la température d’un four à bois et à pourquoi la pizza au feu de bois est meilleure.
« Le four ne pardonne pas l’eau :
il la révèle en 90 secondes. »

Six critères pour tout retenir, du lait d’origine au comportement sous la voûte. La teneur en eau est la colonne à regarder en premier : c’est elle qui annonce ce que le fromage fera dans un four à 450 °C.
| Fromage | Lait | Texture | Teneur en eau | Goût | À la cuisson | Pizza idéale |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Mozzarella | Vache, le plus souvent | Pâte filée, du moelleux en boule au plus ferme « spécial pizza » | Variable : élevée en boule fraîche, réduite en version pizza | Lacté, doux, discret | Fond régulièrement, file, dore par taches | La base de presque toute la carte |
| Fior di latte | Vache | Pâte filée fraîche, souple et élastique | Élevée | Lait frais, légère pointe acidulée | Fond vite, rend un peu d’eau, garde du blanc | Napolitaine sobre, sur sauce tomate |
| Mozzarella di bufala | Bufflonne | Plus riche, plus tendre, presque fondante à cru | Très élevée | Plus lacté, plus acidulé, plus long en bouche | Fond en nappes laiteuses, peut détremper le centre | Pizzas tomate-roquette où elle est la vedette |
| Burrata | Vache, le plus souvent | Enveloppe de pâte filée, cœur crémeux | Très élevée (crème + stracciatella) | Crème fraîche, beurré, très doux | Le cœur se liquéfie et perd son contraste | Pizza froide-chaude, posée en fin de parcours |
La théorie, c’est bien ; la carte, c’est mieux. Voici comment chaque fromage frais trouve sa place, à partir des compositions réelles des pizzas sorties du four de la rue Pierre le Guen.

La Margherita (base tomate, mozzarella, olives) est l’étalon : une mozzarella qui fond, dore et lie la tomate. Tout sur notre pizza margherita au feu de bois.
Le Tradi (base tomate, mozzarella di bufala campana, jambon de veau, roquette, crème de basilic) mise sur la bufala, avec la roquette pour la fraîcheur. Il fait partie des pizzas traditionnelles.
La Burrata (base tomate, mozzarella, bresaola, burrata, crème de balsamique) joue le contraste entre fondu et crémeux. Elle est à retrouver parmi les pizzas signatures.
Sur une base crème, la mozzarella change de rôle : elle n’est plus la vedette mais le liant. Elle fait le pont entre la crème et la garniture, comme sur la Chèvre miel (base crème, mozzarella, chèvre, miel), où elle tient le chèvre et le miel ensemble. Pour choisir entre les deux bases, lisez pizza base tomate ou base crème, puis parcourez nos pizzas crémeuses.
Les fromages frais ne sont pas seuls sous la voûte. D’autres, plus affinés et plus secs, se comportent tout autrement : ils contiennent moins d’eau, fondent plus lentement et apportent du caractère là où la mozzarella apporte de la douceur.
Sa composition : base tomate, mozzarella, chèvre, raclette, bleu. Le chèvre, la raclette et le bleu apportent du goût, la mozzarella garde l’ensemble souple. Tout sur la pizza 4 fromages.
Sur la Biggy (base sauce burger, mozzarella, viande hachée, oignons rouges, cheddar, cornichons), le cheddar fond en nappe orangée et donne son accent burger à la pizza.
Parmesan, comté, scamorza fumée, camembert : plus secs, ils dorent vite et se posent en complément, jamais à la place de la mozzarella.
Un fromage sec pour le goût et la coloration, un fromage frais pour le fondant : la plupart des pizzas de la carte associent les deux.
Vous cherchez une pizza sans viande ? La Veggie (base tomate, mozzarella, tomates séchées, poivrons, champignons frais, roquette) repose sur la mozzarella, qui lie les légumes sans les écraser. Toutes les options sont réunies sur la page pizza végétarienne.
Oui. En Italie, « fior di latte » désigne la mozzarella fabriquée au lait de vache, à pâte filée, pour la distinguer de celle au lait de bufflonne. C’est donc le même fromage, avec une appellation plus précise sur le lait. En France, on dit simplement « mozzarella » pour les deux, d’où la confusion.
Parce que la bufala contient beaucoup d’eau. En 90 secondes à 450 °C, cette eau n’a pas le temps de s’évaporer : elle se libère en fondant et se rassemble au centre, là où la pâte est la plus fine. Ce n’est pas un défaut de cuisson, c’est la signature d’un fromage très frais et très lacté.
On peut, mais la burrata y perd son intérêt : son cœur crémeux fond et se mêle au reste, le contraste chaud-froid disparaît. Le mieux est de la réchauffer doucement à la poêle, sans couvercle, pour garder une pâte croustillante. Toutes nos méthodes sont détaillées dans l’article dédié au réchauffage d’une pizza. Comment réchauffer une pizza.
La mozzarella reste la base la plus sûre : elle lie les légumes sans les masquer. Sur la carte, la Veggie l’associe à des légumes et à la roquette. Pour un régime végétarien strict, pensez à demander au moment de commander si la présure des fromages convient, car elle est parfois d’origine animale. Voir nos pizzas végétariennes.
La mozzarella en boule, fraîche, est gorgée d’eau : elle fond en flaques blanches, lactées, qui peuvent mouiller la pâte. La version râpée « pour pizza » est plus sèche et plus ferme : elle fond en nappe régulière, file davantage et dore plus vite. L’une joue le frais, l’autre la régularité.
Le plus simple pour comprendre tout ça, c’est encore de goûter. Une Margherita pour la mozzarella qui fond et dore, Le Tradi pour la bufala lactée et acidulée, une Burrata pour le cœur crémeux posé sur une pizza brûlante : trois pizzas, trois fromages frais, un seul four à bois chauffé à 450 °C. La différence, vous la sentirez dès la première bouchée.
Toutes les compositions sont sur la carte. Sur place, à emporter ou livrée dans la boucle de la Seine : 8 rue Pierre le Guen, 78700 Conflans-Sainte-Honorine, au confluent de la Seine et de l'Oise, ouvert 7j/7. Vous connaissiez peut-être l’adresse sous l’enseigne L’Authentique : le four n’a pas bougé, il fait désormais partie d’un réseau de 8 fours Vecchio Forno.
Choisissez votre fromage, on s’occupe des 90 secondes. Sur place, à emporter ou livrée dans la boucle de la Seine, midi et soir.
Une pizza où la mozzarella n’a nulle part où se cacher : découvrez notre pizza margherita Conflans-Sainte-Honorine, et les autres articles du journal du four.